REGARDER AUTREMENT
Je vis ici, à Lyon, sur cette colline qui monte vers Fourvière, entre les pierres du Vieux-Lyon et les vestiges du théâtre gallo-romain. Peut-être est-ce là que tout a commencé : apprendre à regarder.Les rencontres, les lieux et les émotions ont construit peu à peu mon regard. Avant la photographie, il y eut l'écriture. Adolescent, j’écrivais des poèmes pour mettre mes émotions en mots. Ils m'ont transporté dans les moments durs de l'existence.Puis j’ai découvert la photographie. Le reportage m’a appris à observer et à saisir le moment. Mais avec le temps, j’ai eu envie d’aller ailleurs : ne plus seulement photographier ce qui existe, mais chercher ce qui pourrait exister.
LE JOUR OÙ LE RÉEL A BASCULÉ
En 2020, le monde s’est arrêté. Dans cette période étrange, confinée et incertaine, mon regard s’est tourné vers des choses simples : une lumière, une matière, un reflet, une transparence. Presque par hasard, j’ai regardé à travers le goulot d’une bouteille. Un rayon de soleil s’y fragmentait. La réalité était toujours là, mais elle avait changé. J’ai déclenché. Ce fut le déclic. J’ai compris que le verre pouvait devenir un filtre, le liquide une matière, la lumière un espace et qu’un détail pouvait soudain ouvrir sur un autre monde.
MON TERRITOIRE
Depuis, je travaille dans cet entre-deux. Je pars du réel pour mieux m’en éloigner. Je photographie les matières, les transparences, les reflets, les mouvements, les lumières. Je les transforme jusqu’à ce qu’ils deviennent presque abstraits. Mes images suggèrent. Elles laissent une place au doute, à l’interprétation, au souvenir et à l’imaginaire. J’aime lorsque l’œil croit reconnaître une forme, puis hésite. Lorsque l’image semble familière et étrange à la fois.
ENTRE VOIR ET RESSENTIR
Ma photographie est abstraite, contemporaine et immersive. Mais au fond, je cherche quelque chose de très simple : faire naître une émotion. Je ne souhaite pas imposer ce qu’il faut voir. J’offre un espace où chacun peut projeter son propre regard. Et que l’image commence aussi dans l’œil de celui qui la regarde.
Bienvenue dans mon univers, du réel à l’irréel.























